Par Laurence et Jean-Michel etatdemarche, Mardi 4 Septembre 2007 à 17:35 GMT+2 dans dossier et presse
Marche ou rêve...
Laurence Vielle et Jean-Michel Agius sont aux commandes de ce voyage au
travers des mots et des émotions, tout en lenteur et sentiments. Au
départ, une envie commune, celle de la liberté de création en «
itinérance », loin d’un temps et d’un espace quotidiens. Laurence et
Jean-Michel s’aiment. Lui habite à Paris, elle vit à Bruxelles. Elle se
perd dans un temps derrière lequel elle se sent courir sans cesse, lui
se trouve enfermé entre les quatre murs de son studio qui lui semblent
se rapprocher un peu plus chaque jour.
Poussés par cette soif de temps nouveau et d’espace différent, ils
décident alors d’entreprendre un voyage entre leurs deux villes, sans
rien d’autre que leur sac à dos, une caméra, leur cahier de route et un
petit enregistreur. Prise de note contre prise de vue, de prise de son
en lâcher-prise, les rencontres suivent les petits moments-cadeaux. De
ce voyage est né le spectacle « Etat de Marche », compte-rendu poétique
de leur pérégrinations bruxello-parisiennes. Livré par petits fragment
inachevés, sous forme de « work in progress », dans diverses villes au
cours de l’année écoulée, c’est aujourd’hui la forme aboutie qu’ils en
proposent. Un spectacle qui a donc pu apprendre du public et des
rencontres réalisées durant sa création.
Laurence est comédienne et auteure. Jean-Michel, lui, est vidéaste et
chorégraphe. C’est donc tout naturellement qu’ils ont fait appel tant
aux mots qu’aux sons et aux corps dans ce spectacle qui alterne moments
parlés, dansés, vidéos en fond, et musique en live. Sur le plateau,
Laurence et Jean-Michel sont en effet accompagnés de leurs voisins
bruxellois, musiciens, au violon Catherine Graindorge et à la batterie,
Elie Rabinovitch. Malgré l’extrème lenteur des débuts, on se laisse
transporter par les images, celles projetées bien sûr, mais aussi
celles du corps de Jean-Michel Agius, qui, par de subtilement simples
moyens, joue de l’équilibre et des lois de la pesanteur. Images
superbes de poésie, elle amènent d’autres images en nous, tout en
douceur rêvée. Les compositions musicales s’envolent à certains
moments, surtout dans la fin du spectacle, moment de sérénité
retrouvée, décollage pour l’émotion pure ... Malgré les quelques
fragilités de jeu, Jean-Michel Agius étant assurément plus à l’aise au
corps qu’à la voix, et le temps de démarrage assez lent du spectacle
qui pourrait déstabiliser les plus pressés d’entre nous, l’aventure se
révèle être, au final, un petit bijou de sincérité et un moment de
théâtre comme on voudrait plus souvent en vivre, qui dit tout de la
splendeur de l’instant vécu simplement pour ce qu’il est.
Isabelle Plumhans
Isabelle Plumhans