Etat de Marche par Laurence Vielle
Nos corps éloignés se joignent sans bouger, partout et à toute heure.
Voix sans corps.
Je désire te parler, je te parle tout de suite, où que je sois.
Un espace a disparu.
Celui où s'alliaient le temps, l’espace, l'imaginaire, le désir.

Si nous marchions entre nos maisons ? Si nous longions d'abord des canaux, puis nous traversons des marais, ensuite les forêts ?
Un jour, nous arrivons à Paris.
Tu crées des danses en marchant, et des images. Je recueille avec le petit enregistreur les voix de ceux que nous rencontrons, les signes du chemin; des mots me viennent, des écritures.
Après, il y a un spectacle : état de marche.
Chroniqueurs de la très grande lenteur, nous y racontons ce que nos corps et nos imaginaires, nos pensées ont glané : l'état de marche des sans-vitesse, des routes arpentées, des visages croisés et de nos cœurs en jambes.
Je lis des livres sur la marche.
Découverte d’autres histoires de marcheurs :
Marina Abramovic et Ulay (un couple de performeurs) parcourent à pied la muraille de Chine. Chacun part d’un côté pour se retrouver au milieu. (Ulay a rencontré en route une jolie chinoise. Au point central, Anna et Ulay se donnent un dernier baiser et continuent leur route.) Il y a les rêveries du promeneur solitaire, la marche de David Thoreau. Michel Harcq, sac au dos, sillonnait chaque semaine la nationale 4 avec un enregistreur, glaneur de vies sur la route, pour son émission radiophonique. Stevenson à la fin du 19ème siècle a relié Anvers et Paris par les canaux, en tenant un journal de bord…
La liste est longue de voyageurs qui, par leur marche, leur périple, ont recherché les relations entre leurs idées, leurs actes et le monde concret. À propos, je n’étais jamais sortie de Bruxelles à pied.
Par Laurence et Jean-Michel etatdemarche, Lundi 6 Juin 2005 à 14:00 GMT+2 dans notre projet (article, RSS)







